CONOPS
“Vampires” francais et opérations combinées en Libye: un regard américain
06/09/2011
5 septembre 2011 - Le groupe aéromobile (GAM) a permis la destruction d’environ quatre cent cinquante objectifs depuis le début du conflit, soit près de quatrevingt dix pour cent des frappes réalisées par les hélicoptères de la coalition dans son ensemble [1]. Le théâtre libyen est de fait le premier théâtre où un Bâtiment de Projection et Commandement (BPC) utilise autant d’hélicoptères en opérations, et la première fois que ces derniers assurent des frappes dans une telle configuration [2] : il s’agit en fait « du premier déploiement réel d’un groupement aéromobile à partir d’une plateforme maritime ». [3]
Ancien pilote de chasse américain, Ed Timperlake tire les premières leçons de l’expérience française par rapport à la posture des forces américaines, en analysant en un premier temps un reportage réalisé en juin dernier par la chaîne de télévision CNN à bord du Tonnerre. Pour lui, la stratégie opérationnelle française en Libye démontre la validité du tandem Chasseurs de nouvelle génération – hélicoptères de combat afin d’associer supériorité aérienne initiale et frappes de précision. Le concept d’opérations combinées que la France n’avait pas mis en œuvre en situation réelle depuis Suez en 1956 [4] est considéré comme visionnaire par rapport aux menaces de demain par cet ancien du Vietnam, lequel met en garde contre le risque de retour en arrière de la doctrine du Pentagone en matière de combat aéronaval.
Par Ed Timperlake
Les frappes nocturnes des “Vampires” français
Lors d’un reportage réalisé en juin dernier, CNN annonçait, depuis le pont d’envol du Bâtiment de Projection et Commandement (BPC) français Tonnerre, qu’une fois la nuit tombée sur le ciel de Libye, les hélicoptères français partaient au combat. Déjà utilisé en Afghanistan, le Tigre fait partie du groupe aéromobile embarqué sur le BPC et opère également à partir des porte-hélicoptères de la Marine Nationale.
Alors que le soleil se couche sur la Méditerrannée, les hélicoptères d’appui décollent du BPC Tonnerre au large des côtes libyennes. Leurs missions consistent à délivrer des feux directs et efficaces contre les forces restées loyales à Kadhafi.
Premières leçons des opérations en Libye
07/04/2011
Par le Général Jean-Patrick Gaviard et Olivier Zajec
07/04/2011 - Trois semaines après le début de l’intervention en Libye, il est intéressant de tenter de décoder de deux événements majeurs dans la conduite de cette opération:
- L’intervention de l’armée de l’air française, dès le 19 mars, en soutien direct de l’action politique,
- Le passage ensuite du commandement de l’opération à l’OTAN.
Revenir sur les frappes du 19 mars dernier, c’est tout d’abord comprendre la notion de tempo opérationnel, c’est-à-dire le rythme d’une pulsation politico-militaire que les qualités propres à la puissance aérienne (réversibilité, réactivité, allonge) permettent d’articuler de manière séquencée.
La partition se joue ici en moins de 7 heures, le 19 mars:
- A 11h du matin. Alors que le Groupe aéronaval monte en puissance à Toulon, quatre Rafale décollent de la base de Saint-Dizier, en configuration de défense aérienne ; ils sont accompagnés d’avions ravitailleurs de la base d’Istres et d’un AWACS de la base d’Avord.
- A 12h30, à l’Elysée, le Président de la République donne le branle à une réunion internationale sur la Libye qui suit la résolution 1973 obtenue deux jours plutôt à New York.
- A 13h, les quatre Rafale arrivent sur zone et patrouillent pour assurer la mission d’exclusion aérienne au dessus de Benghazi, tout en apparaissant sur les chaînes de télévision du monde entier.
- A 14h, deux Rafale et deux Mirage 2000D en configuration d’attaque au sol décollent respectivement des bases de Mont de Marsan et de Nancy.
- A 17h, les avions français détruisent des véhicules blindés kadhafistes aux abords de Benghazi, rompant l’encerclement de la capitale de la Cyrénaïque. Une demi-heure plus tard, sortant de la réunion internationale, le Président français peut communiquer sur sa décision et les premiers résultats qui en découlent.
