Retours d’expérience

Le GRV 02.091 face à Harmattan

Par Sandra Chenu-Godefroy
09/12/2011 -
Diapobrève
En totalisant pas moins de 3280 heures de vol pour l’opération Harmattan – l’équivalent de plus de 50% de l’activité annuelle de l’escadron -, le Groupe de Ravitaillement en Vol 02.091 « Bretagne » basé sur la BA 125 Istres a été un pivot essentiel de l’action française en Lybie.

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“Vampires” francais et opérations combinées en Libye: un regard américain

5 septembre 2011 - Le groupe aéromobile (GAM) a permis la destruction d’environ quatre cent cinquante objectifs depuis le début du conflit, soit près de quatrevingt dix pour cent des frappes réalisées par les hélicoptères de la coalition dans son ensemble [1].  Le théâtre libyen est de fait le premier théâtre où un Bâtiment de Projection et Commandement (BPC) utilise autant d’hélicoptères en opérations, et la première fois que ces derniers assurent des frappes dans une telle configuration [2] : il s’agit en fait « du premier déploiement réel d’un groupement aéromobile à partir d’une plateforme maritime ». [3]

Ancien pilote de chasse américain, Ed Timperlake tire les premières leçons de l’expérience française par rapport à la posture des forces américaines, en analysant en un premier temps un reportage réalisé en juin dernier par la chaîne de télévision CNN à bord du Tonnerre. Pour lui, la stratégie opérationnelle française en Libye démontre la validité du tandem Chasseurs de nouvelle génération – hélicoptères de combat afin d’associer supériorité aérienne initiale et frappes de précision. Le concept d’opérations combinées que la France n’avait pas mis en œuvre en situation réelle depuis  Suez en 1956 [4] est considéré comme visionnaire par rapport aux menaces de demain par cet ancien du Vietnam, lequel met en garde contre le risque de retour en arrière de la doctrine du Pentagone en matière de combat aéronaval.


Par Ed Timperlake

Les frappes nocturnes des “Vampires” français
Lors d’un reportage réalisé en juin dernier,  CNN annonçait, depuis le pont d’envol du Bâtiment de Projection et Commandement (BPC)  français Tonnerre, qu’une fois la nuit tombée sur le ciel de Libye, les hélicoptères français partaient au combat. Déjà utilisé en Afghanistan, le Tigre fait partie du groupe aéromobile embarqué sur le BPC et opère également à partir des porte-hélicoptères de la Marine Nationale.

Alors que le soleil se couche sur la Méditerrannée, les hélicoptères d’appui décollent du BPC Tonnerre au large des côtes libyennes. Leurs missions consistent à délivrer des feux directs et efficaces contre les forces restées loyales à Kadhafi.


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Retex de la RAF : les Tornado face au théâtre libyen

Par Robbin Laird
(Adapté de l’anglais par Virginie Lecat)

14/07/2011 – Lors du Salon du Bourget, MBDA a invité deux pilotes de chasse de la Royal Air Force à présenter le retour d’expérience de leurs opérations en théâtre libyen.

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Soutien du 14 juillet : demain, on prépare 2012

Par Romain Mielcarek, journaliste

14/07/2011 – « Le 14 juillet, c’est d’abord une opération. » Le gouverneur militaire de Paris, le général de corps d’armée Bruno Dary, insiste par ces mots sur l’ampleur organisationnelle du défilé militaire et de sa préparation. Et si c’est bien une opération, c’en est une d’envergure puisqu’elle nécessite le déploiement sur une période d’un mois de quelques 7 000 hommes, 300 véhicules et 84 aéronefs. Rien qu’en défilants. Car autour de ce dispositif, ce sont d’importants moyens de logistique et de soutien qui doivent être mis en place pour accueillir un tel dispositif au sein d’une région de l’hexagone où les implantations militaires s’avèrent chaque année plus réduites.

Le 14 juillet a lieu annuellement (hormis pendant la Seconde Guerre mondiale) depuis 1880, mais l’ampleur de cette revue d’armes présidentielle à laquelle nous sommes à présent habitués ne remonte qu’à la fin du siècle dernier. Cette longévité apporte aux organisateurs une véritable mémoire opérationnelle de l’événement qui permet année après année de corriger et d’améliorer son fonctionnement.


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“Par le sang versé…”

par Stéphane Bommert

17/05/2011 – Placé en sentinelle avancée dans l’océan indien, à l’entrée du canal du Mozambique, le Détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM, la plus petite unité de légion) tient garnison au quartier Cabaribère, sur le rocher de Dzaoudzi.

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Planification et sortie de crise (III) : les enseignements du conflit israélo-Hezbollah

PAR LE GENERAL GAVIARD
A partir des enseignements tirés du conflit israélo-Hezbollah de 2006, trois domaines particuliers peuvent faire l’objet de quelques pistes de réflexion : les opérations de guerre en zone urbaine, les actions non létales et la sortie de crise.
Les opérations aéroterrestres en zone urbaine sont, en effet, très délicates car les dommages collatéraux pèsent lourdement dans la gestion médiatique et politique d’un conflit. La proportionnalité de la riposte est difficile à contrôler surtout lorsque l’adversaire s’enterre et se fond dans la population civile comme ce fut le cas au Vietnam ou plus récemment au Liban sud.
La technologie apporte des solutions intéressantes comme l’utilisation des drones qui, lors du conflit israélo-Hezbollah, ont été employés abondamment, ou le repérage automatique des troupes amies au sol. L’emploi coordonné de l’aviation associé à une désignation des cibles par des éclaireurs sur le terrain s’avère également efficace mais peut aussi engendrer des dommages collatéraux importants. Ni la technologie ou la technique ne suffit pour vaincre un adversaire mobile, déterminé se mouvant dans un environnement urbain ami.
Il est intéressant de noter que l’armée de terre française a construit récemment une petite ville dans un camp de manœuvre, où elle peut s’entraîner au combat en zone urbaine et étudier différentes techniques combinées. Mais les concepts et les doctrines restent à écrire.
Les combats en zone urbaine sous-tendent la notion de proportionnalité et conduisent à envisager des actions non létales. De nombreuses recherches sont menées sur ce sujet : munition à effets réduits, modes d’action contrôlés, actions psychologiques… Mais là encore les études doivent se poursuivrent.
Par ailleurs, les hostilités ayant cessé, il faut occuper le terrain. Cette occupation nécessite des effectifs importants bloqués sur les théâtres d’opérations pendant de très nombreuses années, ainsi qu’on l’observe aujourd’hui au Kosovo, en Bosnie, en Cote d’ivoire, en Irak, ou en Afghanistan.
Ces immobilisations longues et coûteuses, qui se succèdent sans retour de troupes, hypothèquent inéluctablement les capacités d’interventions pour des engagements futurs et limitent de facto les décisions politiques correspondantes.

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Planification et sortie de crise (II) : RETEX du Kosovo

PAR LE GENERAL JEAN-PATRICK GAVIARD

“Les opérations aériennes ont toujours fait l’objet d’un suivi politique serré. Le choix des cibles ou ciblage des objectifs a été, depuis la guerre du Vietnam, le moyen privilégié des responsables politiques pour exercer ce contrôle. Au Kosovo, pendant l’opération « Allied Force », nous avons connu de nombreuses contraintes politiques s’agissant du ciblage planifié. Sur ce chapitre, j’ai deux exemples concrets à évoquer : le premier concerne les attaques des ponts sur le Danube dans le centre de Belgrade; le second les objectifs situés sur le terrain de Podgorica au Monténégro, lesquels furent attribuées par les planificateurs du Centre d’opérations aux Mirages 2000D lors de la première mission du 24 mars 1999.Ces deux exemples me permettront d’illustrer concrètement le fonctionnement de la chaîne de contrôle nationale, depuis le niveau opératif situé sur le théâtre d’opérations, en l’occurrence à Vicenza en Italie, où je me trouvais au sein du centre de commandement et de conduite, jusqu’au niveau stratégique représenté par le Chef d’état major des armées et bien sûr le Président de la République à Paris.
S’agissant des ponts du Danube dans Belgrade, la séquence se situe à la fin de la campagne ou presque, c’est-à-dire au mois de mai 1999 (la campagne aérienne se terminera le 11 juin). Le général Mike Short, commandant de l’opération, avait proposé d’attaquer les ponts sur le Danube dans le centre ville, c’est-à-dire dans Belgrade même, pour comme il le disait alors « couper la tête du serpent ». Cette proposition fut très mal accueillie, en particulier, par le Président J. Chirac, qui savait qu’après la crise et le départ de Milosevic, il faudrait renouer le dialogue avec les Serbes. Car détruire les ponts sur le Danube dans Belgrade, c’était anéantir un symbole politique, culturel et économique. Le Danube est, en effet, comme chacun le sait ici un véritable cordon ombilical reliant de nombreux pays d’Europe centrale. L’unanimité étant de règle au sein de l’Alliance et le Président français ayant mis son veto, les ponts dans Belgrade furent épargnés. Il fallut bien sûr que le Président Chirac explique cette décision au Président Clinton, le Général Kelche au Général W. Clark alors Saceur, et moi-même au Général M. Short. Ce qui ne fut pas facile comme on peut l’imaginer aisément. Illustration concrète qu’au sein d’une coalition, il existe généralement des visions stratégiques différentes et qu’il convient donc de traiter ce problème en amont au risque de faire exploser ladite coalition. J’y reviendrai dans quelques instants.

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