C4ISR
MCO Spatial
Par Virginie Sandrock
02/11/2011 – Brève
Selex Elsag a été choisie pour améliorer les capacités opérationnelles et optimiser le MCO d’un satellite de communication de l’Otan.
Premières leçons des opérations en Libye
Par le Général Jean-Patrick Gaviard et Olivier Zajec
07/04/2011 - Trois semaines après le début de l’intervention en Libye, il est intéressant de tenter de décoder de deux événements majeurs dans la conduite de cette opération:
- L’intervention de l’armée de l’air française, dès le 19 mars, en soutien direct de l’action politique,
- Le passage ensuite du commandement de l’opération à l’OTAN.
Revenir sur les frappes du 19 mars dernier, c’est tout d’abord comprendre la notion de tempo opérationnel, c’est-à-dire le rythme d’une pulsation politico-militaire que les qualités propres à la puissance aérienne (réversibilité, réactivité, allonge) permettent d’articuler de manière séquencée.
La partition se joue ici en moins de 7 heures, le 19 mars:
- A 11h du matin. Alors que le Groupe aéronaval monte en puissance à Toulon, quatre Rafale décollent de la base de Saint-Dizier, en configuration de défense aérienne ; ils sont accompagnés d’avions ravitailleurs de la base d’Istres et d’un AWACS de la base d’Avord.
- A 12h30, à l’Elysée, le Président de la République donne le branle à une réunion internationale sur la Libye qui suit la résolution 1973 obtenue deux jours plutôt à New York.
- A 13h, les quatre Rafale arrivent sur zone et patrouillent pour assurer la mission d’exclusion aérienne au dessus de Benghazi, tout en apparaissant sur les chaînes de télévision du monde entier.
- A 14h, deux Rafale et deux Mirage 2000D en configuration d’attaque au sol décollent respectivement des bases de Mont de Marsan et de Nancy.
- A 17h, les avions français détruisent des véhicules blindés kadhafistes aux abords de Benghazi, rompant l’encerclement de la capitale de la Cyrénaïque. Une demi-heure plus tard, sortant de la réunion internationale, le Président français peut communiquer sur sa décision et les premiers résultats qui en découlent.
La dernière frontière
Par le Général Gaviard
10/12/2010 – Les tirs antisatellites réussis par les Chinois ou les Américains, les attaques sur les réseaux bancaires estoniens ou militaires géorgiens, la piraterie maritime ainsi que la montée en puissance et la prolifération de missiles sol-air de plus en plus performants mettent l’accent sur un phénomène montant de « déni d’accès » aux espaces de liberté traditionnels que sont l’espace, le cyberespace, les espaces maritimes et les espaces aériens. Ces « biens communs » stratégiques (« global commons » en anglais), sont la nouvelle préoccupation de SACT («Supreme Allied Commander Transformation »), le commandement de la Transformation de l’OTAN situé à Norfolk, lequel souhaite aller au-delà des opérations en Afghanistan centrées sur la contre insurrection (COIN pour «Counter Insurgency »).
Soutien des opérations : le rôle-clé des “systèmes de systèmes”
Par le Général Jean-Patrick Gaviard
Le terme « systèmes de systèmes » correspond à première vue à un acronyme abscons. Ce vocable recouvre pourtant une réalité somme toute assez simple : la mise en réseau de plusieurs systèmes, qui vont ainsi pouvoir échanger informations et données en temps réel. L’objectif : obtenir une synergie opérationnelle plus efficiente.
S’agissant de la mise en réseau proprement dite, les Américains – qui ont pris de l’avance dans ce domaine – mettent l’accent sur le vocable « NCW » (” Net Centric Warfare”), tandis que l’OTAN a retenu celui de « NEC » (“Network Enabled Capability”). La différence sémantique est très sensible, puisque dans le premier cas le réseau est vu comme un point focal (« Centric ») au sein du dispositif opérationnel, tandis que dans le second il est identifié comme une capacité de soutien (« Enabled ») aux opérations. En choisissant de mettre en avant le « NEC », les Européens soulignent que l’homme reste au cœur du dispositif des systèmes complexes.
Les C2 du futur
Par le Général Gaviard
Pendant la célèbre “Bataille d’Angleterre” l’Air Marshall Sir Hugh Dowding commandait et contrôlait les opérations aériennes depuis son centre de Stanmore situé au nordde Londres en faisant “tourner”, sans le savoir, la fameuse boucle : “Observation, Orientation, Décision, Action” qui sera modélisée bien plus tard par le Colonel Boyd de l’USAF, et qui prévaut toujours dans le fonctionnement des centres actuels.
Ainsi, les officiers et sous-officiers, en particulier féminin (les WAAF), en place dans le C2 de Stanmore “observaient” dans un premier temps les éléments en provenance des différents guets aériens postés sur la côte anglaise et des radars dont on ne dira jamais assez le rôle essentiel dans le succès de cette bataille aérienne. A partir de ces observations, les responsables pouvaient “orienter” l’action à venir, puis “décider” du plan d’engagement. Plus précisément cette phase permettait de mettre en alerte les pilotes des célèbres Spitfire et les canons anti- aériens concernés par l’attaque à venir, ainsi que de prévenir les unités chargées de déployer les ballons dont le rôle consistait à gêner les tirs des bombardiers allemands sur Londres.
